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France-Lecornu demande des couvre-feux partiels à la suite des violences
information fournie par Reuters 19/10/2026 à 15:35

(Actualisé avec l'annonce de couvre-feux partiels par Lecornu)

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé qu'il demandait l'instauration dès ce lundi de couvre-feux localisés et partiels en France à la suite des violences et des pillages en marge de manifestations samedi où se mêlaient revendications des lycéens et mécontentement face au coût de la vie.

"J'ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir, couvre-feux partiels, dans lequel les préfets vont faire ce travail de discussion, non seulement avec les maires, mais aussi avec les chambres de commerce et d'industrie", a-t-il dit.

S'exprimant à la sortie d'une réunion interministérielle de crise, le chef du gouvernement a ajouté que "dans le courant de l'après-midi, le ministère de l'Intérieur pourra (...) donner une cartographie assez précise de ce que les préfets auront décidé".

"Il n'est pas question de mettre tout Paris sous couvre-feu. Ça n'a pas de sens. Ça ne correspond pas d'ailleurs à ce qu'on a vu (...). C'est le problème des images aussi. Les images donnent l'impression que tout est égal partout. Non, fort heureusement", a poursuivi Sébastien Lecornu.

Plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron a rejeté la démission présentée par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, ce dernier s'estimant "responsable de tout ce qui se passe".

Le ministère de l'Intérieur a dénombré 550.000 manifestants dans tout le pays samedi, dont 110.000 à Paris, la CGT faisant état pour sa part de 800.000 personnes dans les cortèges, qui se sont dans l'ensemble déroulés sans incident.

Mais parallèlement à ces manifestations, voire au lendemain de ces dernières, de nombreux commerces ont été vandalisés ou détruits - près de 3.000 selon la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) - et des bâtiments publics attaqués, dont l'exemple le plus spectaculaire a été l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges.

S'exprimant sur France 2, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a estimé que les autorités avaient "failli incontestablement" à contenir les violences au cours du week-end, ajoutant qu'il y avait eu "un défaut dans le renseignement", ce qui empêche de lutter de bonne manière contre ce qu'il qualifie "d'ultra-gauche".

En réaction aux événements du week-end, les rendements obligataires de la France grimpent lundi, celui de l'OAT à dix ans FR10YT=RR montant de neuf points de base (pdb) pour s'établir à 4,8712%, alors que son équivalent allemand de même échéance n'affiche qu'une hausse de deux pdb.

Les craintes d'instabilité politique viennent s'ajouter à une situation financière déjà tendue alors que l'Assemblée nationale a commencé à examiner un projet de budget pour 2027 dont l'avenir est incertain.

DÉTERMINATION À RÉTABLIR L'ORDRE

Sébastien Lecornu a jugé qu'un recours à l'état d'urgence n'était pas d'actualité mais restait envisageable, tout en martelant sa détermination à "rétablir l'ordre".

Les maires de Paris, Lyon et Marseille et une partie de l'opposition ont critiqué la gestion du maintien de l'ordre par l'exécutif.

Dans une allocution à l'Elysée dimanche soir, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de tirer "toutes les leçons en termes de renseignement et d'anticipation et faire en sorte que cela ne puisse pas se reproduire".

A l'instar de Gérald Darmanin et de Laurent Nuñez, le président de la République a dénoncé la responsabilité de "l'ultra-gauche" dans les violences du week-end.

"Des factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche rejoints par de nombreux délinquants se sont livrés à une violence débridée dans nos villes", a dit Emmanuel Macron, tout en appelant également à faire une distinction entre les "casseurs" et les manifestants aux "revendications légitimes".

Sébastien Lecornu a repris cette accusation contre "l'ultra-gauche", ajoutant qu'il y avait "un agenda de bordélisation d'ultra-gauche jusqu'à l'élection présidentielle".

Dans un message posté sur la plate-forme X, Jean-Luc Mélenchon, candidate à l'élection présidentielle de la France Insoumise (LFI), a dit ne pas avoir entendu "parler de cela, ni en privé ni en public, ni dans aucun mot d'ordre de manifestation où que ce soit".

"Si le Premier ministre n'est pas un menteur ni une personne qui veut organiser le désordre, il doit nommer et prouver son accusation. Sinon, qu'il s'excuse, se taise et cesse d'attiser le désordre comme il le fait, lui, le préfet de police de Paris et le ministre de l'Intérieur, qui a eu au moins la classe de proposer sa démission", poursuit-il.

RASSEMBLEMENTS INTERDITS À MARSEILLE

La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a fait état sur TF1 de 557 placements en garde à vue, dont 433 concernant des personnes majeures, après la journée de samedi. Elle a dit ne pas pouvoir confirmer qu'il s'agit de membres du courant de l'"ultra-gauche".

Le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a déclaré pour sa part que la volonté du gouvernement de vouloir associer La France insoumise (LFI) dans les violences qui ont émaillé les revendications de lycéens depuis près d'un mois était une "insulte" adressée à la mobilisation de ces derniers.

"Le maintien de l'ordre, c'est l'Etat. C’est l'Etat qui a été mis en faute, c'est l’Etat qui a été défaillant", a-t-il poursuivi.

Emmanuel Grégoire ainsi que Benoit Payan (divers gauche) et Grégory Doucet (Les Ecologistes), respectivement maires de Marseille et de Lyon, ont demandé à être reçus par Sébastien Lecornu à la suite des dégâts dans leurs villes.

A Marseille, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a interdit tout "rassemblement et manifestation sur l'ensemble de la commune de 12h à 20h". Laurent Nuñez avait initialement prévu de se rendre dans la deuxième ville de France, avant d'y renoncer.

(Sudip Kar-Gupta, Elizabeth Pineau et Zhifan Liu, avec la contribution de Marc Leras à Marseille, rédigé par Benoit Van Overstraeten)

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3 commentaires

  • 15:45

    On avait mobilisé 5000 policiers pour la France. lol .. alors que la date avait été mise en avant il y a plus de 40 jours.


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